dimanche 28 mai 2017

Chapelle et dinosaure

À quelques kilomètres de ma tanière se trouve, au beau milieu des champs, cette chapelle. Comme le veut la tradition, les promeneurs y laissent parfois des pierres, qu'ils entassent sur le sommet du monument, ou déposent dans la niche, en les glissant à travers la grille. 

Ce lieu, je suis tombé dessus il y a une quinzaine d'années, à l'époque où je faisais encore de rocambolesques escapades en grand bi avec des amis. La vision cette petite chapelle toute paumée dans la campagne m'avait réellement marqué. L'ayant redécouverte il y a un peu plus d'un an, elle ne cesse de me fasciner et, petit à petit, elle a participé à renforcer mon attrait et ma curiosité pour toutes ces petites choses auxquelles on ne prête pas ou plus attention, et qui font pourtant la particularité et le cachet de nos régions : petites chapelles aux coins des rues, maisons en pierres, moulins, vieilles fermes imposantes, styles et détails architecturaux qui ne sont plus pratiqués de nos jours (ou très peu), demeures remarquables... Mais là, je m'égare.



Soit. Loin de moi l'idée d'être irrespectueux, mais je me suis dit que je pourrais associer mon projet de graffitis miniatures à cette tradition de marquer d'une pierre une chapelle ou une borne lors de son passage. Déposer des cailloux décorés, pourquoi pas? Ce que je fis, en laissant un jour ce petit bout d'ardoise affublé d'un petit Rex au pied de la dite chapelle.

En repassant plus tard par là, j'ai remarqué que ma pierre était encore là, malgré la tonte de l'herbe par les ouvriers communaux, qui terminaient leur besogne alors que je les croisais. Mais la fois suivante, la pierre n'était plus là. Intrigué, je me suis demandé si elle avait été jetée dans un champ voisin car on l'avait trouvée irrespectueuse, ou si elle avait été emportée par un promeneur qui l'avait trouvée amusante.

Curieux, j'ai d'un coup décidé de faire le tour de l'édifice, et j'ai alors constaté que je me trompais dans tous les cas. Ni jetée ni emportée, ma pierre avait simplement été déplacée au dos de la chapelle.


J'ignore qui, quand et pourquoi, mais ce déplacement n'est pas anodin. Quelqu'un a sans doute jugé que ce caillou peint jurait avec la chapelle mais, par respect pour celui qui l'a déposé, ce quelqu'un a préféré déplacer "l'offrande" plutôt que la jeter. 

Quoiqu'il en soit, avoir une preuve de l’interaction d'une personne avec un des mini-graffitis m'interpelle et m'amuse, surtout au milieu des champs. J'aime aussi beaucoup l'idée qu'il y ait eu un respect (c'est, en tout cas, comme ça que je l’interprète) : cette personne avait la liberté de lancer mon bout d'ardoise au loin, voire de le détruire, mais elle ne l'a pas fait. 

Quant à moi, j'ai pris les photos, mais j'ai laissé le mini-graffiti à son nouvel emplacement. J'estime que dès qu'une de mes pierres peintes est relâchée, je n'ai plus à intervenir, même si je la croise à nouveau. Je la laisse "vivre sa vie" en quelque sorte.

Et, pour conclure, voici quelques images d'autres mini-graffitis. Certaines sont déjà parues sur mes réseaux sociaux, d'autres non, d'autres, encore, sont des versions différentes des photos déjà publiées ailleurs.





La dernière image, je l'ai un peu auto-censurée. J'ai décidé de ne pas la publier sur mes réseaux sociaux car je craignais qu'elle soit mal interprétée. En effet, ce mini-graffiti a été déposé au Mardasson, le lieu érigé à la mémoire des soldats américains morts durant la seconde guerre mondiale, et plus particulièrement durant la Bataille des Ardennes.

Cette fois-là, j'étais en vadrouille dans la région de Bastogne, et j'ai dispersé quelques mini-graffitis. Cependant, arrivé au Mardasson pour une visite à l'improviste sur le chemin du retour, il m'en restait un. 

Désireux de placer mon dernier caillou, mais également respectueux des lieux, j'ai choisi de le déposer en prenant la peine de ne pas le placer dans les lieux à proprement parler : je l'ai alors posé sur un piquet, à la limite du site (j'ai même enjambé les barbelés séparant le Mardasson du champ voisin pour pouvoir prendre la photo). Malgré cette précaution, je n'ai pu me résoudre à publier ce cliché.

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